Tuturiwhatu

Une chose frappante en Nouvelle-Zélande réside dans les mesures de protections établies pour la faune et la flore locales. En tant qu’île séparée du continent depuis plus de 80 millions d’années, la « terre du long nuage blanc » offre une biodiversité unique et fragile. Nous avons déjà abordé la manière dont la maladie des Kauris était contrôlée (Coromandel Peninsula). Chez les oiseaux, de nombreuses espèces endémiques ont été répertoriées et disposent d’un statut de conservation.

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Pluvier roux (Charadrius obsucurus)

Sur les 428 taxons d’oiseaux connus, environ 5% sont aujourd’hui éteints et 18% sont menacés d’extinction (Miskelly et al. 2008). Le pluvier roux (Charadrius obscurus) aussi appelé tuturiwhatu en langue maorie fait aujourd’hui partie des espèces endémiques en voie de disparition. Ce petit limicole se rencontre habituellement au détour d’une dune de sable fin, le long des plages où les adultes se nourrissent et élèvent leurs jeunes. Les œufs sont pondus à même le sol ; les poussins sont donc capables de marcher le jour même de l’éclosion et s’envolent six à huit semaines plus tard.

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Pluvier roux juvénile (Charadrius obscurus)

Cependant, ce mode de nidification rend les pluviers roux particulièrement sensibles à la prédation et aux perturbations anthropiques, qui sont deux facteurs majeurs impliqués dans le déclin de leur population. En effet, il a été montré que le temps de nourrissage des jeunes diminuait dans les zones où la présence humaine était importante (Lord, Waas & Innes, 1997), et la présence de chiens susceptibles de détruire les nichées altère considérablement leur succès de reproduction (Lord et al. 2001). Depuis les années 1980, les mesures de protections mises en place consistent principalement en l’aménagement de sites de nidifications protégés par des barrières. Il est également courant de rencontrer des panneaux informant les promeneurs des restrictions relatives à la présence de chiens.

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De même, de nombreux pièges sont répartis aux alentours des sites de nidification pour limiter la prédation par les mammifères introduits tels que les chats, les fouines, les rats, les opossums ou encore les hérissons. Ces derniers peuvent en effet parcourir jusqu’à deux kilomètres chaque nuit pour se nourrir, et ils apprécient particulièrement les œufs ! Le contrôle des prédateurs sur le long terme est nécessaire pour éviter l’extinction des pluviers roux mais les mesures employées (pièges létaux, poison) restent controversées (Dowding & Murphy, 2001).

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Pluvier roux (Charadrius obscurus)

De 2005 à 2013 les effectifs sont demeurés relativement stables et les mesures de conservation semblaient être efficaces (Ogden & Dowding, 2013). Néanmoins l’espèce connait aujourd’hui un nouveau déclin, pour l’instant inexpliqué. Espérons que les actions de protection puissent permettre au pluvier roux de reconquérir l’ensemble des plages de Nouvelle-Zélande.

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