2020 / Avril – Mai – Juin – Juillet – Aout – Septembre

Après nos trois semaines d’essai effectuées à Derby, il est temps de rejoindre la ville dans laquelle on passera les six prochains mois pour valider nos jours de ferme pour le troisième visa : Halls Creek. Nous y sommes déjà passés lorsque nous descendions de Darwin pour aller à Broome, et le moins que l’on puisse dire c’est que, mis à part pour faire le plein et se ravitailler en eau et en nourriture, Halls Creek n’est pas une ville dans laquelle le touriste lambda s’arrête pour flâner. En fait, de prime abord, elle inspire plus un sentiment d’insécurité qu’autre chose. Une seule rue principale, un supermarché et une station service ; voilà à peu près tout ce que l’on peu trouver ici. Pas un chat dans la rue, mais quelques chiens errants miteux qui trainent la patte à la recherche d’un bout de sandwich abandonné. Des carcasses de voitures brûlées jonchent les fossés et tous les bâtiments sans exception sont entourés de hauts murs surmontés de fils de fer barbelés ou de lames de rasoirs. Et on noircit à peine le tableau !

On se souviendra probablement longtemps de notre arrivée à Halls Creek. Nous étions censés y venir une semaine auparavant mais nous avons été retardés par une inondation comme il s’en produit souvent à cette période ; plus d’un mètre d’eau sur l’unique route reliant Derby à Halls Creek et nous voilà contraints de retourner à notre point de départ et d’attendre quelques jours que la route soit dégagée.

Lorsque nous avons finalement posé nos roues devant notre futur chez-nous, un chien errant s’est fait délibérément rouler dessus par la seule voiture qui passait alors ; autant dire qu’on a connu mieux comme accueil. Nous voilà donc partis pour passer six mois dans cette petite ville perdue dans l’outback, à 300 kilomètres de la ville la plus proche. Et autant dire que ces six mois ont été hauts en couleurs !

Si l’isolement et le nombre d’habitants (environ 1300) peut faire peur à certains, vivre dans l’outback est une expérience incroyable. On en avait eu un avant-goût pendant deux mois lorsque nous faisions du fencing dans une station, et nous étions heureux de pouvoir réitérer l’experience. D’autant plus que nous avions un bon groupe d’amis de tous horizons, de quoi profiter à plusieurs de nos days off pour camper, pêcher et admirer la voie lactée.

Vivre à halls Creek c’est aussi goûter à la culture des peuples Djaru et Kija, les deux communautés aborigènes de la region. Si l’on avait croisé quelques Black fellows (ici le terme n’est pas considéré comme raciste contrairement à Aboriginal people) auparavant, nous n’avions cependant pas eu l’occasion de partager des moments de vie avec eux. C’est probablement l’expérience qui nous a le plus marquée pendant ces quelques mois : apprendre de leur culture, de leur art, mais aussi toucher du doigt des problématiques liées à la colonisation de l’Australie et toutes les conséquences qui en résultent aujourd’hui encore.

Photos prises a la galerie d’art de Halls Creek Yarliyil Art Gallery

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