Tāne Mahuta, le Seigneur de la Forêt

La forêt, un monde à part. Plus encore ici, dans la Waipoua Forest, un lieu où trône les derniers géants. On trouve ici les trois quarts des kauris encore sur pied à travers le pays, la majeure partie du dernier quart se trouvant dans les forêts reculées de la péninsule du Coromandel.

La Waipoua Forest est un sanctuaire, un lieu privilégié où rencontrer les véritables ancêtres de la Nouvelle-Zélande. Présents il y a plus 3000 ans, ils ont connu l’arrivée des premiers Hommes, l’adoration d’un peuple, la destruction d’un autre, des guerres, des paix, des milliers d’instants au dessus de nos têtes rêveuses. Cette longévité sans précédent s’accompagne de mensurations dignes du « seigneur de la forêt », Tāne Mahuta : 14 m de circonférence, 50 m de haut pour un tronc de 245 m³. Ce chiffre impressionnant équivaut au volume de 30 voitures, de quoi imposer respect et humilité.

_MG_5848-HDRTāne Mahuta n’est pas le seul maître des lieux, il partage son royaume avec le « père de la forêt » Te Matua Ngahere et les 4 Sisters. Autant d’arbres exceptionnels, tant par leur taille que par leur fragilité : les kauris sont des colosses aux pieds d’argile et succombent rapidement à l’invasion d’un simple champignon. Ils ont pourtant un rôle écologique majeur dans leur écosystème forestier. Avec un système racinaire très peu profond hormis quelques racines d’encrage, les kauris tirent parti de la décomposition de la litière forestière avant les autres espèces ce qui explique, entre autre, leur capacité à traverser les millénaires.

_MG_5823-HDRSi la canopée des kauris est couverte de plantes épiphytes (plantes qui utilisent d’autres végétaux comme support sans les altérer), le tronc est dépourvu de lianes ou autres plantes grimpantes. Cela s’explique par la régénération constante de l’écorce du tronc ; telle notre peau, elle se trouve sans cesse renouvelée, les lambeaux morts emportant dans leur chute les éventuels visiteurs. Un tronc libre de toute contrainte mais une canopée couverte d’une multitude d’espèces, jusqu’à 150 sur un seul individu.

_MG_5841-HDRLa dernière botte secrète du kauri est son exceptionnelle capacité de cicatrisation, si une branche rompt sous la pluie ou le vent, un nodule se forme sur la blessure, la sève irrigue abondamment la plaie de composés chimiques toxiques pour les champignons et les insectes. Ces agents chimiques jouent le rôle d’antibiotiques naturels et empêchent la blessure de s’infecter. Puis une nouvelle branche vient prendre la place de l’ancienne, donnant au houppier (partie haute de l’arbre) cet aspect tortueux.

_MG_5822-HDRLes forêts de kauris abritent le si discret kiwi. Pour nous, la rencontre avec l’oiseau légendaire restera un mythe, seuls quelques cris à travers la nuit nous indiqueront la présence de ce symbole vivant. Aux pieds des géants de bois, perdus dans la nuit. Comment ne pas s’imaginer, il y a 150 millions d’années, une forêt primaire, peut-être pas si différente de celle-ci, habitée par des reptiles géants dont les descendants parcourent aujourd’hui le ciel et le sol de la forêt.

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