West Coast

Lors de notre périple, la descente de la côte Ouest de l’île du Sud a représenté presque les deux tiers du temps passé sur cette île. Autant dire qu’on a pris le temps de voir et de faire beaucoup de choses ; il serait fastidieux de retranscrire nos péripéties dans les moindres détails tout comme il serait pénible pour toi, lecteur assidu d’Uumajuq, de parcourir une liste impersonnelle d’endroits paradisiaques tout droit sortis du dernier Lonely Planet sur la Nouvelle-Zélande. Ainsi, pour présenter de manière plus plaisante cette côte aussi variée que magnifique, commençons par étudier les facteurs qui ont contribué à notre émerveillement quotidien.

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Le premier facteur à évoquer est le climat qui constitue un élément clé de la diversité des paysages rencontrés. Car, si en Nouvelle-Zélande il pleut, sur la côte ouest, il PLEUT. Avec près de 10 000 mm par an, la côte Ouest de l’île du Sud est l’une des zones comptant les précipitations les plus importantes du pays. Mais quelles sont les causes de ce climat si particulier, obligeant le voyageur, aussi courageux soit-il, à investir, des jours durant, des refuges de fortune tels que les bibliothèques et les piscines municipales ?

En réalité, cette quantité incommensurable d’eau tombant du ciel est due à deux choses : aux mouvements des masses d’air de la mer de Tasman et au relief montagneux de la côte ouest. En effet l’ensoleillement intense sur la côte Est australienne entraine une forte évaporation sur la mer de Tasman. Les masses d’air chargées en humidité sont ensuite charriées vers la côte Ouest de la Nouvelle-Zélande où elles se heurtent à l’immense barrière des Alpes du Sud. La prise d’altitude entraine une diminution de la température et une condensation de l’humidité sous forme de gouttes de pluie qui s’abattent sur les flancs de la montagne.

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Cependant, inutile d’envier les terres arides et infertiles de l’Australie, brûlée par un soleil de plomb. Ces conditions climatiques particulières permettent l’apparition de forêts humides verdoyantes sur les contreforts du massif montagneux. Dominé par les fougères arborescentes dont la célèbre « silver fern », symbole de la Nouvelle-Zélande, cet écosystème constitue un terrain de jeu extraordinaire pour tout aventurier qui se respecte.

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En empruntant les sentiers moussus de la célèbre Inland Pack Track, on se retrouve subitement immergés dans des vallées perdues dignes d’un décor de Jurassic Park.

Le climat très pluvieux de la côte Ouest est également à l’origine d’un relief karstique particulièrement étendu. Partout sur la côte, la montagne est percée de kilomètres de souterrains creusés par l’écoulement de l’eau. Les Karamea Limestone Archs sont probablement le résultat le plus impressionnant de ces milliers d’années d’érosion : 200 mètres de long et 49 mètres de large pour une hauteur de 37 mètres. Le tout ornée d’une végétation dense et luxuriante parcouru par des rivières couleur whisky.

Fenian Caves représente une autre opportunité de découvrir ces reliefs hors du temps, un sentier hasardeux qui plonge dans les entrailles de la terre.

Entrez dans la demeure des « glow worms », dont le pâle scintillement constituera la seule source de lumière de ces tunnels ; laissez-vous guider par un ruisseau souterrain ; mais prenez garde, stalactites et stalagmites entravent votre chemin.

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Le second facteur responsable des reliefs hors du commun de la côte ouest est la mer de Tasman elle-même. Ses vagues déchaînées sont à l’origine d’un puissant ressac creusant dans la roche tel un bulldozer, donnant naissance aux étranges labyrinthes des Pancake Rocks, des piles d’assiettes calcaires dévorées par la mer.

La base de ces tours instables est lapidée par des lames qui remontent à travers les cheminées naturellement créées et crachent de l’écume par les « Blowholes », donnant une allure surréaliste à l’endroit.

Non loin de ces « Trous qui soufflent », se trouvent des formations géologiques tout aussi étonnantes : creusées par les assauts incessants de la mer, les grottes marines de la Truman Track, sublimées par la lumière dorée du crépuscule.

Ainsi, la tant redoutée pluie de l’ouest est aussi à l’origine de paysages parmi les plus incroyables de la Nouvelle-Zélande. Et pour qui osera affronter les 25 mm de pluie quotidien, la récompense vaut le sacrifice des pieds trempés et des infiltrations d’eau dans le van !

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