L’Oiseau Noir

Sur les plages de Nouvelle-Zélande, un peu partout, des oiseaux noirs se dandinent. Tantôt seul, tantôt par deux, tantôt par centaines, les huîtriers variables sont ici chez eux. Cette espèce est endémique de la Nouvelle-Zélande ce qui veut dire qu’elle n’existe que sur cette île.

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Huîtrier variable (Haematopus unicolor)

L’huîtrier variable est aisément identifiable lorsque son plumage est entièrement noir (photo ci-dessus) mais il peut varier de cette phase très sombre à une phase plus claire, ornée de blanc : pie. Il ressemble alors fortement à l’huîtrier (Haematopus ostralegus) présent en Europe. Et les choses se compliquent d’avantage avec l’huitrier de Finsch (Haematopus finschi) au plumage pie, lui aussi présent sur les côtes néo-zélandaises. Le jeu de devinette devient alors des plus compliqué ! Quelques heures d’observation et de comparaison permettent néanmoins à l’œil averti de distinguer lequel de ces messieurs en costume se promène devant lui.

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Huîtriers variables (Haematopus  unicolor)

La période de reproduction se déroule durant le printemps et l’été austral. Les couples s’unissent pour l’intégralité de la saison de reproduction, et pondent 2 à 3 œufs dans un nid rudimentaire à même le sol. Durant cette période les adultes sont extrêmement agressifs envers tous les intrus qui pourraient menacer leur progéniture. Ils multiplient les cris bruyants et les attaques aériennes, leur bec rouge orangé largement ouvert. Nous avons nous même à plusieurs reprises fait les frais de notre inattention !

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Huîtrier variable (Haematopus unicolor)

Les jeunes ne commencent à voler que 45 jours après la naissance, ils perdent leur duvet cryptique pour revêtir leur plumage définitif. Toutefois si le plumage noir semble à première vue peu adapté pour vadrouiller discrètement sur le sable, les huîtriers savent tirer partie de leur environnement. Ils restent immobiles, « assis »,  bec sous l’aile dans la laisse de mer ou les rochers. Seul l’œil cerclé de rouge reste visible, il est ainsi courant de passer à quelques mètres de l’oiseau sans même le remarquer. Il faut alors revoir la stratégie et tenter d’entendre le petit cri étouffé par les plumes afin de repérer l’animal au milieu des rochers de la côte.

Tout comme son cousin européen, l’huîtrier variable se nourrit principalement de mollusques qu’il trouve enfouis dans le sable à marée basse ou sur les rochers de la côte. Il constitue un excellent indicateur pour le voyageur en quête d’un repas facile : coques, tuatuas, pipis, moules …

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Huîtrier variable (Haematopus unicolor)

L’élément le plus frappant pour l’ornithologue en Nouvelle-Zélande est la proximité qu’il est possible d’obtenir avec les oiseaux. En effet la Nouvelle-Zélande étant dépourvue de mammifères terrestres natifs les espèces avicoles ont évolué sans la menace et donc sans la crainte d’un prédateur terrestre. L’arrivée de l’Homme a changé la donne avec une chasse intensive et une introduction de mammifères terrestres entrainant l’extinction de nombreuses espèces (aigle de Haast, moa, harle austral, ninoxe rieuse …). Toutefois, aujourd’hui, les efforts de conservation ont permis une forte diminution de la pression de chasse et une stabilisation voire une augmentation des effectifs d’oiseaux en Nouvelle-Zélande. Ainsi, bien qu’une pression de prédation existe de la part de mammifères terrestres la plupart des espèces restent très faciles à approcher sans perturbation à des distances qui nécessiteraient de longues heures d’affût en Europe.

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